• Je suis là

    T rentre plus tôt en pensant leur faire une bonne surprise.

     

    Je suis là

    Bonjour à tous ! :)

     

    T appuya sur la sonnette.

    Il voulait leur faire une surprise et n'avait pas utilisé sa clef. S allait crier de joie en le voyant. T voyait déjà son sourire rayonner sur son visage enfantin. Et J… T voulait juste l'enlacer pour lui montrer comment il lui avait manqué.

    T ne s'était absenté qu'une semaine, mais il avait l'impression que ça avait été une éternité. Il se demandait si S avait grandi. Si ses cheveux avaient encore poussé. Est-ce qu'elle avait appris les chiffres cette semaine ? Ou étaient-ils encore sur la fin de l'alphabet ?

    Comme ils prenaient du temps à lui ouvrir, T sonna une seconde fois. Peut-être qu'ils ne l'avaient pas entendu. Cette fois, il entendit du mouvement derrière la porte.

    J écarquilla les yeux en reconnaissant T sur le seuil. 

    - T ? Comment… Qu'est-ce tu fais là ?

    - Surprise ! s'exclama-t-il. 

    Mais quelque chose clochait. 

    - Tu n'étais pas censé rentrer dans deux jours ? demanda J d'une petite voix. 

    - Si, mais je me suis dépêché pour finir plus tôt. 

    - Oh.

     J ne lui demandait même pas pourquoi il n'avait pas utiliser ses clefs. Il ne lui demandait pas non plus s'il avait fait bon voyage, s'il allait bien, ni s'il avait bien travaillé. Il ne lui proposait pas d'entrer pour poser ses affaires et se rafraîchir.

    J avait le regard dans le vide et ne voyait déjà plus T.

    T remarqua avec ses pupilles rouges comme si J avait pleuré. Il se permit d'entrer, après tout, ça restait chez lui, et referma la porte.

    - Où est S ? Je lui ai ramené un cadeau.

    J semblait sortir de sa torpeur en clignant des paupières. 

    - Quoi ?

    - Où est S ? Elle a fini les cours à cette heure-là, pas vrai ?

    Le regard de J s'accroche une seconde à celui de T avant qu'il ne se détourne. J ouvrir la bouche pour parler, mais aucun son n'en sorti. T remarqua les larmes qui commençaient à remplir ses yeux.

    - J, tu m'inquiètes, qu'est-ce qui se passe ?

    - Je… S… 

    - Quelque chose est arrivé à S ? le pressa alors T.

    Il lui attrapa le bras et le secoue pour le faire réagir. J tremblait. 

    - Je… 

    - J ! Répond ! Qu'est-ce qui ne va pas ?

    Et puis J éclata en sanglot. Ses jambes ne le tenaient plus et T l'aida à s'asseoir par terre. 

    - Je suis désolé, je suis désolé, je suis désolé… répéta-t-il sans s'arrêter. 

    T commençait à comprendre, mais il ne voulait pas l'accepter. Non ce n'était pas possible, pas sa petite S. Il allait l'entendre sortir de sa chambre d'un moment à l'autre. J pleurait pour une toute autre raison. Tant que T n'avait pas entendu les mots fatidiques, il n'y croirait pas. Il y avait encore de l'espoir. Il en était sûr. T attrapa le menton de J et l'obligea à relever la tête vers lui. 

    - J, dis moi ce qui s'est passé. 

    J essaya de se calmer, renifla plusieurs fois, puis lâcha d'une voix rauque entrecoupée de sanglots : 

    - Je suis désolé… S a eu un accident… Elle est… Elle est morte. 

    J ne sut jamais avec quel courage il avait pu déclarer cela en regardant T dans les yeux. Sans détourner le regard lorsqu'il voyait l'horreur prendre forme dans celui de T.

    J était un monstre. Il le savait. C'était sa faute.

    Il voyait la souffrance de T qui s'éloigna soudain de lui et tomba au sol. Il avait besoin d'être seul. J le comprenait. Ce faisait deux jours qu'il n'avait pas quitté sa chambre en se demandant comment il allait annoncer cette mauvaise nouvelle. Il vit T suffoquer, mais n'osa pas s'approcher. De quel droit le pouvait-il ? Dans un instant, ça irait mieux. Dans un instant les pleurs le prendraient. Dans un instant, il s'allongerait à même le seul et ne voudrait plus manger, plus boire. Plus rien faire du tout. Ne plus rien entendre. Ne plus rien dire.

    J était passé par là, et il n'avait pas encore quitté cette phase. Il avait fait tout cela tout seul car il le méritait. T ne le méritait pas, il ne devrait pas être seul. Cependant, il n'acceptera plus que J l'enlace quand il aurait appris que tout était de sa faute. Alors que T était prêt à se refermer sur lui même, il planta une dernier fois son regard dans celui de J.

    - Dis moi, commença-t-il le souffle court. Dis moi que tu as tout fait pour l'aider. Que tu n'as rien à te reprocher. Que ce n'était pas ta faute. Que tu as été là pour elle. 

    J le regarda surpris sans savoir quoi répondre. 

    - Je ne pourrais jamais te pardonnai si ce n'était pas le cas... Et je ne pourrais pas vivre une seconde plus sans toi ni elle… 

    La voix de T avait des ratés dû aux sanglots qui pointaient le bout de leur nez.

    J ne savais pas quoi faire. Il le regardait sans pouvoir détourner les yeux. Il voyait bien que T faisait un effort surhumain pour ne pas s'effondrer totalement afin d'entendre sa réponse.

    Car elle était vitale. 

    - J, je t'en supplie. 

    Alors J mentit. Il cacherait la vérité toute sa vie s'il le fallait. Si ça pouvait sauver T, il n'y avait pas de raison d'hésiter. Peut être qu'il n'avait pas pu sauver S, mais il avait la chance de pouvoir le faire avec T.

    J s'approcha lentement de T et le pris dans ses bras. T posa son front sur son épaule. J n'attendit pas une seconde de plus avant de l'entendre pleurer. 

    - Chhh, fit-il en caressant son dos. 

    J avait un nouveau rôle. Il avait un but. Il allait arrêter de pleurer, car il devait s'occuper de T. Il serait fort pour deux s'il le fallait. 

    - Je suis là, murmura-t-il. 


    Bout d'histoire inspiré par le livre Le Fils d'Argent par Rebecca Greenberg.


    Désolée, je n'ai vraiment pas réussi à trouver des noms. Même moi des fois je trouvais que c'était embrouillant--"

    J'aime le fait que je n'ai défini aucune relation. Qui est S pour J et T. Qui sont T et J l'un pour l'autre ?

    J'ai eu beaucoup de mal à trouver le titre.

    J'ai écris ce Bout d'histoire sur mon portable (je crois bien que c'est une première) dans l'avion. 

     

    A la prochaine !

     

    G.

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  • Commentaires

    1
    Lundi 21 Janvier à 00:36

    Ça manque un peu de vie dans tes commentaires, il faut corriger ça ! :)

    Honnêtement, cette histoire m'a encore beaucoup de touché parce qu'elle fait partie d'une des rares seules qui n'a rien de romantique.

    Personnellement, j'arrive pas à m'identifier aux personnages parce que je pourrai jamais éprouver de sentiment d'attachement ou de culpabilité aussi fort. Je pense que je vais paraître un peu sans cœur mais même si là tout de suite, on m'annonçait la mort d'un proche (déjà que j'en ai pas beaucoup), j'aurais rien à reprocher, tu vois ? Je prends la vie comme elle est, sans trop de regrets, sans trop d'attentes. Je me sens pas mal, mais un peu trop blasé.

    C'est justement ça qui me choque dans l'histoire, car j'ai déjà vu ce genre de scène plein de fois dans les mangas/animes/livres/films mais ça me saisit toujours, le fait de voir des liens qui se brisent, un sentiment de désespoir profond lié à la perte d'un être cher. Peut-être que j'aimerais secrètement pouvoir être capable moi aussi de ressentir ça. Mais concrètement, j'ai pas vraiment d'attache dans ce monde et je ne tiens pas ni grand-chose ni à personne en particulier.

    Enfin bref, je trouve que sur la fin, l'histoire devient un peu confuse, je comprends pas exactement, ce que J va faire, ce qu'il a fait. En fait la fin est claire mais j'ai l'impression qu'elle laisse quand-même en gros suspens car au final il n'y a pas de dénouement. C'est comme un genre de cliffhanger mais en pire.

    Hahaha je me suis encore laissé emporté. 

      • Lundi 28 Janvier à 22:11

        Ouii Ber ! T'as tout compris ! :)

        Ca m'étonne un peu ce que tu me dis. Comment tu peux ne rien ressentir du tout ? Lorsque quelqu'un disparaît de ta vie, ça te fait ni chaud ni froid ? Tu ne pourras plus jamais lui parler, jamais la voir. Seul tes souvenirs subsisteront et encore, eux aussi vont s'estomper... C'est triste. Tu devrais ressentir de la tristesse. Je t'avoue que je ne comprends pas comment tu peux rester totalement impassible.

        La mort me touche énormément, bien plus qu'avant. De ce côté je suis bien plus empathique qu'il y a quelques année. Même lorsque j'entend la mort de personne que je n'ai jamais vu de ma vie. J'ai peur de mourir sans avoir fait tout ce que je voulais...

        Donc au final, les scènes où justement tu n'arrives pas à t'identifier te font de l'effet ?^^ Je ne pense pas que tu ais vraiment besoin d'avoir un lien effectif très fort pour ressentir quelque chose (bien évidemment, ça aide). Il faut laisser parler ses sentiments. Après, chaque personne et plus ou moins sensible.

        La fin est claire si on a compris comment est morte S... Des fois j'écris et j'imagine des choses que je n'écris pas forcément et du coup, ça peut devenir confus (Par exemple, les relations que je n'ai pas défini, en vrai je les connais ;)). Mais j'ai relu, et ça me parait claire... Si vraiment tu ne comprends pas, je t'expliquerai ;)

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